L’ostéopathie trouve ses origines aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, grâce au médecin Andrew Taylor Still. Rejetant les pratiques médicales traditionnelles de son époque, Still développe une approche thérapeutique manuelle, basée sur la connaissance précise de l’anatomie et la capacité du corps à s’auto-guérir. Dès le début du XXe siècle, l’ostéopathie se structure aux États-Unis et gagne progressivement en reconnaissance, jusqu’à devenir une profession de santé à part entière.
L’introduction de l’ostéopathie en France se fait plus tardivement, dans les années 1950, notamment grâce à des kinésithérapeutes formés aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Cependant, pendant plusieurs décennies, la pratique reste marginale et mal reconnue par les autorités médicales. Les ostéopathes exercent souvent dans une forme de flou juridique, sans statut clair, ce qui freine le développement de la discipline auprès du grand public.
Il faut attendre les années 1990 pour que l’ostéopathie commence à se démocratiser en France. L’augmentation de la demande pour des soins alternatifs et non médicamenteux favorise la popularité de cette approche manuelle. De plus en plus de professionnels de santé s’y forment, et des écoles spécialisées émergent sur tout le territoire, bien que la qualité de l’enseignement reste très variable selon les établissements.
Un tournant majeur survient en 2002 avec la loi dite “Kouchner”, relative aux droits des malades. Pour la première fois, l’ostéopathie est légalement reconnue en France comme une pratique autonome. Le décret d’application de 2007 encadre la formation, impose un agrément aux écoles et réserve l’usage du titre d’ostéopathe aux personnes diplômées. Cette reconnaissance officielle marque une étape décisive dans la professionnalisation de l’ostéopathie.
Aujourd’hui, l’ostéopathie est bien implantée en France, avec plus de 30 000 praticiens. Elle est largement plébiscitée par la population, notamment pour les troubles musculo-squelettiques. Toutefois, le débat persiste sur son statut : les ostéopathes non médecins n’ont pas les mêmes prérogatives que les professionnels de santé. Malgré ces limites, l’ostéopathie continue d’évoluer, entre consolidation scientifique et exigence de qualité dans la formation.

